Tour du Monde – Gérer ses peurs à 2 mois du départ

Le départ approche. Dans deux mois j’y serai. Je débuterai mon tour du monde.
Mais en ce moment je n’y suis pas et pourtant mon esprit y est déjà.

Je suis dans la phase que je n’aime pas. Celle où il faut tout prévoir et essayer de ne rien oublier. Ce tour du monde est mon projet. J’ai construit une task force qui est constituée de moi et de moi ! 😅 Rétro-planning et To Do List sont mes meilleurs alliés ! J’y ai consigné tout ce que je dois faire dans plus ou moins longtemps. (D’ailleurs un article dédié aux préparatifs sera prochainement en ligne). Ma force : l’organisation. Ma faiblesse : le stress. J’ai peur d’oublier quelque chose.

Voilà le mot est lâché : J’AI PEUR.
Alors ce qui est incroyable c’est que le mot Peur se conjugue au pluriel. Ben oui parce que dans une aventure comme celle-ci, je peux vous dire qu’elles sont nombreuses.

Identifier ses peurs

Voici une liste non exhaustive des peurs que j’ai actuellement :

    1. Oublier une démarche administrative : ne pas avoir demandé tel papier, ne pas avoir résilié tel abonnement, etc… ;
    2. Mal préparer mon déménagement ;
    3. Prendre des risques ;
    4. Compromettre mon avenir professionnel ;
    5. Manquer de repères et de confort matériel ;
    6. Manquer d’argent ;
    7. M’ennuyer en voyage ;
    8. Etre seule.

Toutes ces peurs sont plus ou moins présentes et plus ou moins intenses selon les journées. Certaines sont plus faciles à gérer. Et pour les autres il faut pas mal de ténacité et de confiance.

Si mes deux premières peurs sont contenues en maximisant une bonne organisation et pas mal d’anticipation, je dois reconnaître lutter au quotidien contre mes autres peurs.

Lutter contre sa zone de confort

Apprécier le confort de son logement, trouver de la stabilité dans son travail, fréquenter le même réseau de personnes. Voilà en 3 phrases ce qui m’a empêché d’avancer.

Parce que dans ces commodités du quotidien, on ne se met pas en danger, on ne se risque pas à révolutionner sa vie, on ne compromet pas des situations que l’on a mis des années à construire. Mais on y trouve un espace sécurisant et rassurant.

Seulement la vie n’est pas un instant figé. Chacun d’entre nous évolue, affine ses envies, ses centres d’intérêt et apprend à mieux se connaître chaque jour qui passe. Je ne pense pas que l’épanouissement puisse se trouver dans cette zone de confort. La routine est même anxiogène chez moi. Pourtant se donner les moyens pour en sortir reste un vrai défi mais je pense que c’est la clef pour tendre vers le bonheur ! Il peut impliquer de remettre en question son métier, sa famille et son mode de vie. Seulement si c’est la garantie d’une vie plus heureuse, je signe de suite !

Zone de confort - Acteurspositifs.be

Se détacher du matériel

Depuis mon enfance j’ai grandi au milieu de plein de jouets. J’ai vraiment fait partie des enfants gâtés. Barbie, Playmobil, on se serait cru chez La Grande Récré ! En grandissant cela ne s’est pas arrangé. Il y a eu les immenses collections de maquillage et la garde robe renouvelées régulièrement.
Toutes ces possessions ont joué chez moi le rôle de filet de sécurité. Comme si, sans toute cette possession, je n’existais pas. 
Cependant je me suis vite rendue compte que toutes ces possessions ne m’apportaient pas le bonheur.

Les expériences de voyage m’ont appris que les meilleurs possessions ne sont pas matérielles : les émotions ressenties dans un lieu, lors d’une rencontre valent 1000X la plus belle des maisons. Ces moments là ne peuvent s’acheter et sont pourtant à mes yeux les biens les plus précieux. 

Cependant je garde en moi comme un programme automatique qui a tendance à me ramener vers la croyance que posséder c’est exister. Et je dois lutter au quotidien contre cette croyance. En lui laissant de la place, c’est aussi croire que l’argent sera mon unique solution dans ce voyage.

Sans grande surprise vous l’aurez compris je suis dépensière. Ben oui, vous avez déjà vu quelqu’un de matérialiste qui ne dépense pas un centime ? Hormis les opportunistes, moi je n’en connais pas 🙂
Gérer son budget quand on a un salaire c’est déjà un vrai combat. Mais l’idée de devoir gérer son budget pendant 12 mois sans rentrer d’argent, là pour un dépensier on est proche de la crise d’angoisse 😀

Seulement dans ce cas précis, il y a deux options : 

  • soit augmenter son budget ;
  • soit limiter les dépenses.

A 2 mois du départ, n’ayant pas prévu de jouer chaque semaine au loto, je mise plutôt sur la vente de certaines affaires. Un premier pas pour moi qui ai toujours préféré donner que vendre.  Pour limiter mes dépenses je mise également sur le volontariat, l’entraide, et les lieux hors des sentiers battus… Voilà quelques pistes dont j’aurai longuement l’occasion de reparler !

S’affranchir de la pression sociale et relever des défis

Partir faire un tour du monde et s’inquiéter de s’ennuyer. Voilà qui peut prêter à sourir. J’irai même jusqu’à dire que c’est de la provocation 😀
Pourtant, comme je le précisais dans mon premier article, je ne prévois pas de collectionner les pays et d’enchaîner les destinations populaires. J’ai plutôt envie d’expérimenter le Slow Travel, une manière de voyager où l’on prend le temps de vivre, de découvrir et d’expérimenter.

Seulement voilà, le Slow Travel, justement coté dynamisme c’est pas trop ce qu’on nous vend 😀 . Je doute. Mais je garde comme conviction profonde qu’il faut que je prenne le temps. Le temps pour découvrir mais surtout me découvrir.
Pourtant quelle tentation les réseaux sociaux, et internet en général. A croire qu’il faut absolument valider la check list du tour du mondiste. Pour pouvoir à son tour dire “je l’ai fait”.

J’ai la réelle volonté de m’affranchir de cette pression sociale, de refuser de collectionner les lieux pour me concentrer sur ce qui me fait réellement vibrer. Rencontrer, photographier, partager, danser, expérimenter de nouveaux loisirs, de nouvelles cuisines… Et continuer d’écrire. J’en prends l’engagement : je veux prendre plus de temps d’écrire ! Et c’est d’ailleurs une des options que je retiens pour garder de la volonté au quotidien : m’établir pour plusieurs jours/semaines dans un lieu et apprendre ! Le yoga, la cuisine, les massages, je ne sais pas encore mais trouver les idées ça ne devrait pas être le plus compliqué ! 🙂

S’ouvrir à l’autre

Ce projet je l’ai monté seule, je vais le débuter seule et c’est d’ailleurs la grande liberté qu’il va m’apporter : aller là où je sens qu’il faut que j’aille. Écouter mon intuition pour m’amener là où je dois vivre de grands moments.

Si l’on demandait à mes amis et ma famille, ils ne me qualifieraient pas de timide. C’est vrai, je n’ai pas de difficulté particulière à aller voir l’autre, cet inconnu.
Pourtant pour des raisons pas réellement identifiées, j’appréhende énormément de rester seule. Parce qu’il y a ceux qui partent seul pour se connecter à la nature, passer du temps en solitaire. Et puis il y a ceux comme moi qui au contraire ne veulent absolument pas de ces moments d’isolement car le contact des autres les nourrissent plus que les étendues désertiques. Qu’il n’y ait pas de méprise, moi aussi j’adore ces lieux, mais les partager et les vivre avec d’autres personnes c’est un cran au dessus à mes yeux.

A cela, il faut ajouter que la barrière de la langue me tétanise. J’ai toujours adoré le français. Pas la matière scolaire, la langue, ses mots, ses tournures de phrase. Je la trouve riche et pleine de poésie. Seulement j’ai l’impression d’être démunie quand il s’agit de parler une autre langue. L’idée qu’on veut véhiculer est plus dure à transmettre et les échanges peuvent être moins profonds. Je suis donc curieuse d’une part de voir les échanges que l’on peut avoir malgré la barrière de la langue. Mais j’ai aussi à cœur de m’améliorer en anglais et en espagnol pour simplifier ces échanges.

Croire en soi et Croire dans le monde 

Toutes ces peurs sont le fruit de notre éducation et de nos expériences personnelles. C’est pourquoi nous avons tous en chacun de nous des peurs qui nous appartiennent et qui sont différentes de notre voisin, de notre frère ou bien de notre conjoint.
J’ai la conviction profonde que croire en soi, avoir confiance en ses capacités à prendre les bonnes décisions et croire dans le monde sont les clefs du bonheur et de l’épanouissement. Ce sont à la fois des propos très simples mais qui nécessitent un réel engagement !

J’ai pendant longtemps cherché les solutions pour croire en soi. Je pensais trouver la réponse dans des livres magiques du type : comment avoir confiance en soi ? Beaucoup se penchent sur les traumatismes du passé et les analyses psychologiques qui en découlent. Nous sommes le fruit de toutes ces expériences du passé et il peut être intéressant de comprendre ces instants.

Pour autant l’essentiel à mon sens demeure de savoir qui l’on est. Ou plutôt ce que l’on est devenu. Ce que l’on aime et qui nous fait vibrer. Ce qui nous anime. C’est un apprentissage qui ne s’arrête jamais car nous ne cessons jamais d’évoluer et de changer.
Vivre l’instant présent, se connecter à ses émotions de l’instant et stopper l’intellectualisation des moments passés m’ont permis de me libérer et de me permettre d’être prête à vivre ce tour du monde. Ou plutôt ce tour de moi-même 🙂

Je choisis maintenant d’investir sur moi, et de tout miser sur l’expérience !

Et vous ? Vous faites quoi pour devenir celui que vous avez toujours rêvé d’être ?

Commentaires (2)

  • Hélène 5 novembre 2019 at 22 h 42 min Reply

    Bien dit ! Ce qui va être intéressant, c’est quand tu vas relire cet article APRÈS ton tour du monde…où en seras-tu ?

    • Camille 7 novembre 2019 at 19 h 01 min Reply

      Ahaha oui tu as totalement raison !!! Je me dirais surement « pourquoi avais-tu toutes ces craintes ? Tout s’est bien passé 🙂 »

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