En mai je devais être au Guatemala. Et je viens d'arriver en France.

2020 devait être l’année des superlatifs, celle de grandes découvertes, d’expériences inoubliables, et de bouleversements intenses.
Voilà le programme initial tel que je le présentais dans mon premier article.

Seulement personne ne pouvait prévoir que le monde allait se mettre en pause pendant plusieurs semaines et peut-être encore plusieurs mois. Après pas mal d’hésitations et de doute, j’ai fait le choix de rentrer en France après plus de 3 mois de voyage. Et par conséquent de mettre entre parenthèses ce tour du monde.

>> Retour sur ces dernières semaines et comment je vois l’avenir.

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Annonce du confinement en France

Installée dans mon auberge de jeunesse au bord de la rivière, je commence par apprendre la fermeture des frontières des Etats-Unis à l’Europe. Puis la fermeture des écoles en France suivis par les bars et les restaurants.
Je ne suis pas seule quand j’apprends la nouvelle. Les français présents avec moi décident de rentrer avec les vols commerciaux encore en place. 2 escales et 1300€ le billet d’avion. On ne peut pas vraiment parler d’offre bon marché !!!

Je décide de continuer mon voyage et change de lieu pour partir me ressourcer au bord de l’océan. Je suis au Costa Rica depuis 2 mois et il me reste encore quelques endroits à découvrir alors j’en profite tant que cela est encore possible.

Lundi 16 mars 2020, les Français sont obligés de rester chez eux jusqu’à nouvel ordre. Ici seulement 50 cas sont recensés. Pourtant l’auberge où je suis commence à prendre des mesures. Le gérant accepte que nous restions et prévoit d’aménager les dortoirs pour qu’il y ait que 1 ou 2 personnes dans chaque.

L’invitation est tentante mais je suis à Tortuguero, un village situé sur une presqu’île et accessible qu’en bateau. Je ne parviens pas à m’imaginer rester ici pour une durée indéterminée et loin de tout. Alors je reprends ma route et pars vers le sud du pays toujours côté Caraïbes à Puerto Viejo, une zone que je n’avais pas encore explorée. J’y ai réservé un Airbnb privatif pendant une semaine. Un bon exercice pour voir comment je vis ces moments à l’arrêt.

Gérer les doutes et les angoisses

Un étage rien que pour moi ! Ma cuisine, ma salle de bain, mon hamac. On n’est pas loin du paradis ! Oui mais voilà, les règles se durcissent au Costa Rica aussi. La fermeture des parcs nationaux vient d’être annoncée. Les plages aussi. Que vais-je donc pouvoir faire ?

Alors comme vous, je prends ce temps pour moi. Pour lire, faire des visios, réfléchir à qui m’anime, qui j’ai envie de devenir.

Mais au bout d’une semaine seulement je sature. L’absence d’interactions sociales est trop compliquée à gérer. Et il est encore possible de bouger dans le pays car aucun confinement n’est mis en place. Alors je décide repartir une fois encore. En deux mois j’avais vu une très grand partie du pays. Il me reste donc à trouver l’endroit où j’ai envie de retourner.

La fermeture des plages est un vrai coup dur car je ne peux plus m’y ressourcer. J’opte donc pour retourner à la capitale car c’est finalement l’un des endroits où le climat me convient le mieux : ensoleillé et chaud. Sans la sensation d’être moite en permanence comme dans les zones tropicales. Et en même temps si j’ai besoin de soins ou de l’aéroport je ne suis pas loin.

Car oui je commence à me poser la question de rentrer. Les vols sont toujours aussi chers et la situation sanitaire ici bien meilleure qu’en France. D’autant plus que je ne suis plus seule dans mon auberge de jeunesse. Oui mais voilà je m’ennuie. Et surtout je dépense mes économies sans en retirer grand bénéfice car il n’est plus possible de visiter le pays.

Finalement, je ressens un instinct puissant qui me dit qu’il est temps de rentrer, que personne ne sait combien de temps la situation actuelle va durer et que j’ai déjà eu le grand privilège de vivre 3 mois au Costa Rica. J’ai ressenti que j’avais fait mon maximum pour en profiter et que j’étais arrivée au bout de ce que je pouvais vivre ici.

La prise de décision

Alors après 2 semaines et demi de doutes à San José, d’interrogations quotidiennes, de tentatives d’occupation, je décide d’écrire à l’Ambassade de France. Une française m’a annoncé la veille qu’un vol de rapatriement est prévu dans 4 jours mais je n’en connais pas les conditions.

Je reçois une réponse hyper rapidement le dimanche soir. Une place m’est réservée. C’est officiel je rentre en France !!!

Nous sommes attendus à l’aéroport le jeudi dès 10h30 pour un décollage prévu à 17h. Je n’ai jamais été aussi longtemps à l’avance à l’aéroport mais ce vol est atypique ! Nous achetons nos billets d’avion directement sur place. Le tarif est négocié par l’Ambassade avec Air France. Je rentre donc en vol direct pour moins de 600€. Une vraie satisfaction quand je vois les abus des compagnies aériennes quelques jours/ semaines plus tôt.

L’ambiance à l’aéroport est particulière car c’est la première fois que je vois autant de personnes avec des masques. Par contre aucune distribution de masque, ni de gel hydroalcoolique. Je passe les 11h de vol dans un avion rempli et sans réelle protection. Voilà pourquoi je décide que mon retour en France en Auvergne sera suivie d’une quarantaine qui implique de ne pas revoir mes proches dans l’immédiat.

Garder espoir et s'adapter

Deux semaines que je suis rentrée en France. Et on peut dire que je suis passée par un grand nombre d’émotions. Par contre, de manière assez surprenante, assez peu de déception. Alors, bien sûr que je m’interroge comme beaucoup. Pourquoi cette année ? Pourquoi maintenant ? Cependant, hormis accepter la situation, il n’y a pas grand chose à faire.

Le changement de rythme a été compliqué. Cela fait vraiment bizarre de quitter les étendues tropicales, les singes hurleurs et la chaleur des tropiques pour se retrouver au milieu de la ville sans paysage ni nature dépaysante. Heureusement j’ai passé mes dernières semaines au ralenti au Costa Rica, ce qui m’a évité une rupture trop intense ! Je dois reconnaître que je n’aurais jamais imaginé revenir dans la région que j’avais choisi de quitter il y a maintenant 5 ans.

Pourtant le plus difficile pour moi maintenant reste le manque de projection.
« Quand vais-je pouvoir repartir ? Que faire en attendant ? Et si les frontières restaient fermées jusqu’à la fin de mon année sabbatique ? »

A défaut de savoir ce que je veux et ce que je pourrais faire, je garde une certitude : je ne renonce pas à cette année sabbatique. J’en parle d’ailleurs un peu plus dans mon post Instagram publié il y a quelques jours.

La suite alors ?

Vous l’aurez compris, impossible pour moi de savoir ce que je ferai les prochaines semaines et les prochains mois. Mais faites moi confiance, les idées sont bien là ! Ce serait mal me connaître 🙂 Car j’ai bien l’intention de profiter au maximum de cette année !!!

Et puis je suis contente, je vais pouvoir refaire mon sac pour y retirer l’inutile (car oui il y en a eu !), revoir mes proches, retrouver mon appareil photo reflex et découvrir de nouveaux endroits en France ! 

J’espère que vous vous portez tous bien, que la peur ne vous envahit pas et que vous gardez l’espoir que ceci est une transition vers une amélioration. Une belle occasion aussi pour se recentrer et retrouver un équilibre en nous. A très vite !!!

Tour du Monde - pause après 3 mois de voyage_lespiedsdanslevide